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 Quelle place pour l’homme ?

Annexe au chapitre cognition de prospectic-2008

 

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L’hypothèse peut paraître effrayante, mais pour certains penseurs, cette succession est non seulement inévitable, elle est souhaitable. Pour Hans Moravec, professeur de robotique à Carnegie Mellon, les machines « sont nos enfants ». Pour Hugo de Garis, chercheur en intelligence artificielle, "l'intelligence artificielle des robots évolue un million de fois plus vite que l'intelligence humaine". Viendra bientôt, selon lui, la guerre de religion qui divisera l'humanité de demain entre les "", qui souhaitent créer des "", créatures supérieures en tout point à leurs parents biologiques et les "terrans" .

Dans les milieux transhumanistes, les « » ont fait leur devise de la fameuse phrase de l’écrivain de science-fiction : « Dans les trente ans, l'humanité aura les moyens de créer une intelligence super humaine. Peu après, l'ère de l'espèce humaine aura pris fin. » L’événement est plus ou moins inévitable selon eux, il faut surtout travailler à s’assurer que cette intelligence supérieure sera d’un abord amical (FAI, « ») et ne se mette pas en tête de nous écraser comme des cafards. Les questions singularitariennes sur « l’ » rejoignent donc les réflexions sur l’éthique cognitive.

Le vieil être humain pourrait cependant survivre en fusionnant avec la machine On pourrait commencer par ajouter au cerveau des modules issus de l’informatique pour se transformer lentement en cyborg. Mais on peut aller encore plus loin. Certains transhumanistes, et non des moindres, (et parmi eux , l’un des fondateurs de l’intelligence artificielle) pensent qu’il devrait être possible de « devenir une intelligence artificielle » en enregistrant l’ensemble de ses configurations cérébrales puis en les reproduisant sur un support cybernétique : c’est ce qu’on appelle le « téléchargement »  ou l’. L’uploading ne garantit pas seulement une quasi immortalité, il permet aussi une accélération infinie de la cognition, car, une fois l’esprit sur support informatique, rien n’empêche de le transformer plus avant, de le fusionner avec d’autres esprits, etc.

Quoiqu’il en soit, intelligence artificielle ou homme augmenté, le résultat à très long terme est le même : de puissantes intelligences supérieures ayant dépassé les limites de la forme biologique et capables de raisonner sur des problèmes de taille cosmique.

Certains se sont penchés sur les « corps » nécessaires à une telle intelligence supérieure. Hans Moravec suggère les « ». Ces gigantesques arbres possèdent des branches de plus en plus fines, les dernières pouvant manipuler des atomes et travailler au niveau nanotechnologique. Ces « robots arborescents » possèdent une intelligence distribuée dans l’ensemble de leurs constituants.

D’autres ont imaginé le moyen de créer des organismes capables de supporter la plus grande capacité de calcul possible. Les « » seraient des intelligences de la taille d’une planète. Les « » sont encore plus gigantesques : il s’agit d’empilement de sphères concentriques entourant une étoile, chacune de ces sphères étant constituée de nano-ordinateurs communiquant entre eux. Associée à l’idée des cerveaux Jupiter et Matriochka, on trouve l’idée de la conversion de la matière « normale » en « » : une matière intelligente, effectuant des calculs au niveau atomique.

Dans leurs visons les plus eschatologiques, les transhumanistes postulent, avec le physicien , que la conscience va jouer un rôle fondamental dans la structure d’univers. non pas parce qu’elle joue un rôle dans l’observation des phénomènes quantiques, comme le pensent certains, mais bel et bien parce qu’elle va atteindre un tel niveau d’intensité qu’elle finira par altérer via la technologie, la structure même de l’univers, de l’espace et du temps.

Certains diront que l’on est en pleine science-fiction, voire en pleine théologie. Et c’est possible en effet que l’on assiste à une nouvelle forme de pensée religieuse, dont la-science fiction constituerait la mythologie et deviendrait un support à la réflexion philosophique. Mais il ne faut pas oublier que ces « mythes » nourrissent profondément les motivations de certains chercheurs travaillant dans ces domaines. On a cité Minsky et Moravec, on pourrait ajouter , , auteur du rapport sur les NBIC, l’inventeur et écrivain , le physicien et même, d’une certaine façon, , qui affirmait récemment qu’il faudrait améliorer l’homme pour qu’il puisse résister à la concurrence des machines. Mais l’existence d’un mythe ne doit pas être nécessairement rejetée comme un délire sans conséquence… Le mythe d’Icare n’a pas empêché l’apparition finale de l’avion.

Le livre Prospectic, nouvelles technologies, nouvelles pensées (FYP éditions 2008)


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