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 Le néodarwinisme face aux autres théories de l’évolution

Annexe au chapitre biotechnologies de prospectic-2008

 

Mots-clés : ,

Le ou , est l’hypothèse majoritaire au sein des biologistes. Elle n’en est pas moins contestée par certains :

  • défend la « », qui postule que les mutations importantes s’effectuent brusquement, et non par accumulation de petits changements imperceptibles.
  • La « » de défend l’idée que la « dérive génétique » est principalement due au hasard, la sélection n’intervenant que pour détruire les mutations ouvertement défavorables. Autrement dit, certaines aspects des organismes (et les gènes qui les codent) se sont répandus et généralisés sans posséder d’avantages sélectifs définis. Cela permet d’expliquer certains aspects « aberrants » ou outranciers de l’évolution, qui font des animaux qui les possèdent une proie aisée pour les prédateurs (par exemple, les paons et leurs plumes multicolores) : ils sont désavantageux, mais pas suffisamment pour avoir été éliminés et le hasard n’a pas empêché leur installation.
  • Une autre théorie, qu’on pourrait appeler « », considère que bon nombre des aspects de l’organisme ne sont pas dus à des avantages adaptatifs mais sont causés par certaines nécessités physiques ou chimiques. Ces thèses sont aujourd’hui défendues par , qui a montré via des simulations informatiques que la présence de certains produits chimiques dans l’organisme, en venait automatiquement à créer, au niveau macroscopique, des fonctions dont l’avantage adaptatif n’était pas saillant.
  • La thèse de l’, de la coopération et de la est défendue par . Pour elle, les organismes ont évolué essentiellement grâce à la coopération et la fusion plutôt que par la sélection. Spécialiste des bactéries, elle rappelle que pour les 4/5 du vivant, la sélection darwinienne qui repose sur la sexualité et la mort, n’existe pas. Elle insiste sur l’évolution par transfert horizontal de gènes et sur la notion de « ».

Le réseau bactérien : de l’intelligence collective à la biologie open source

Toute la biologie repose sur la notion de « propriété émergente » : un ensemble de constituants se réunit selon différentes règles et de cet ensemble émerge une entité plus complexe. Les cellules procaryotes deviennent des eucaryotes, puis celles-ci s’assemblent pour former des organismes pluricellulaires jusqu’à l’homme. La méthode utilisée par la nature pour tester et faire évoluer ces organismes est la sélection naturelle. Est-elle la seule possible ?
En fait il se pourrait bien que la nature ait également employée une autre stratégie, qui consisterait, plutôt qu’à bâtir des organismes unifiés de plus en plus complexes, à reposer sur une espèce d’intelligence collective ou des organismes simples collaborent grâce à un système de communication sophistiqué. Selon certains chercheurs, c’est ce qui est arrivé aux bactéries procaryotes, qui constituent en fait un réseau très complexe d’interactions pouvant s’assimiler éventuellement à un  super-organisme.
Le processus de sélection naturelle propre au darwinisme repose sur deux concepts fondamentaux : le sexe et la mort. C'est par le processus de recombinaison autorisé par la sexualité que les mutations favorables peuvent se répandre. Et bien entendu, la sélection ne pourrait agir si personne ne mourait. Or, les 4/5 des être vivants ne connaissent pas ces deux procédés. Les bactéries, largement majoritaires parmi les êtres qui peuplent notre terre, ne meurent que par destruction. Elles se clonent, se reproduisent à l'identique. Cela veut dire que les processus "classiques" de la sélection naturelle n'ont pas court pour elle. Cela veut-il dire que les bactéries n’évoluent pas? Au contraire. Elles utilisent une technique qui ressemble bien aux technique modernes d'ingénierie génétique: elles se "passent" des bouts de génomes entre elles, en utilisant notamment les virus comme transport, ce qui permet aux mutations favorables de se répandre très vite d'un bout à l'autre du système. Ces échanges sont si multiples et si nombreux, qu'on peut parler d'un Internet microbien, d'un "réseau bactérien" qui constituerait une espèce d'intelligence collective, une entité unique capable d'évoluer et de réagir aux agressions. L'hypothèse Gaia de James Lovelock qui imagine la terre comme un être vivant, repose d'ailleurs sur cette idée de réseau bactérien capable non seulement de s'adapter à son milieu mais également de modeler celui-ci pour favoriser son développement.
Bien entendu, ces millions de bactéries communiquant leur code entre elles, cela ne peut que faire penser à la communauté open source!
Et de fait, pour Freeman Dyson, cet état bactérien du monde pourrait bien s’avérer l'équivalent biologique du jardin d’éden de la bible.
Pour Dyson, cet intermède a probablement ralenti considérablement l’évolution. Pour lui la biologie synthétique marquera le retour à l’ère bactérienne et mettra fin à « l’intermède darwinien ».
 «  Nous sommes en train, explique-t-il, de ressusciter l’ancienne pratique pré-darwinienne du transfert horizontal de gènes, déplaçant aisément ceux-ci des microbes aux plantes et aux animaux, effaçant les frontières entre les différentes espèces. Nous entrons dans l’ère post darwinienne où il n’existera plus d’espèces différentes de la nôtre, et où les règles du partage open source s’étendront du partage de logiciel au partage de gènes. » Une vision hallucinante, excitante ou effrayante selon les points de vue, et qui semble promettre que l’avènement de la biologie synthétique  risque de donner naissance à une société bien plus étrange que les rêves les plus fous des auteurs de science-fiction...

Certaines hypothèses au contraire s’appuient sur le néodarwinisme :
  • La créée par , prend appui sur la génétique des populations pour donner une explication biologique aux comportements sociaux, y compris ceux de l’espèce humaine.
  • Cette approche est contestée par les tels que ou qui considèrent que le développement technique et culturel dépasse le développement biologique. Une « sélection culturelle » prenant le pas sur la sélection naturelle. Une voie plus centrale, de plus en plus populaire, déclare que les gènes établissent une gamme de comportements potentiels qui peut être affecté par la socialisation qui elle-même est plus ou moins favorable à l’expansion des porteurs des gènes associés.
Ces théories n’appartiennent pas qu’à la recherche fondamentale. Une réflexion sur l’évolution peut déterminer les choix technologiques et même économiques et politiques sur l’avenir des technologies du vivant.

Le livre Prospectic, nouvelles technologies, nouvelles pensées (FYP éditions 2008)


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