Mots-clés : éthique, identité, compte-rendu
Ce qu’est l’éthique : (Catherine Trautmann)
- un processus de convergence sur les questions, pas un moyen de trouver des réponses,
- une réflexion sur l’ensemble de l’écosystème, pas seulement sur la société
- ce n’est pas un moyen de faire accepter des choix déjà faits. Au contraire : toute réflexion sur l’éthique doit être désintéressée.
- la liberté est un fondement de l’éthique (ce n’est pas l’éthique qui fonde la liberté)
La philosophie morale comprend la méta-éthique, l’éthique normative et l’éthique applicative. Ce colloque s’intéresse à l’éthique applicative des technologies et de la société de l'information.
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La mise en œuvre de l’éthique (la " soft law " basée sur les valeurs) :
- Elle peut passer par la réglementation (la loi) mais pas seulement (par exemple les codes de bonne conduite ou d’éthique comme soutien de l’autorégulation) (Stefano Rodota)
- Mais la régulation (loi ou autre) est donc par définition " un cran en retard " face à ceux qui sont en conflit d’intérêt et ont intérêt à la détourner. Comment y ajouter d’autres aspects qui permettent à ceux qui ont une " intention éthique " d’avoir " un cran d’avance " ? (JMC)
On ne peut pas arriver à des valeurs éthiques totalement communes mondiales mais :
- Il faut s’en rapprocher le plus possible (Yves Poullet, BE et Philip Brey, NL)
- Et prendre en compte les diversités (cultural relativism) : intérêt de la communauté pour les pays asiatiques et africains - liberté et intérêt individuels pour l’occident (Philip Brey)
- Donc une éthique interculturelle plutôt que mondiale (avec un affrontement des valeurs)
- Et chercher une fin choisie commune (différente des moyens) (Catherine Trautmann, UE)
Quelques difficultés :
- L’opacité (en cas de mauvaise fois ou de conflit d’intérêt). On ne peut pas séparer l’éthique de la question de l’intentionnalité (Yves Poullet, BE et Catherine Trautmann, UE)
- Mais aller dans un sens opposé à l’intérêt des utilisateurs peut se retourner contre les sociétés en cassant la confiance et donc le marché (Peter Fleischer, Google)
- Le réductionnisme : on prend des décisions sur l’homme en fonction d’informations collectées sur lui. cf. rapport INSERM 3/2006 sur les enfants hyperactifs (Yves Poullet, BE)
- L’autocensure : un danger insidieux mis en lumière par le tribunal de Carlthrough
Quelques principes éthiques (approche principiste) : (Yves Poullet, BE)
- Venant de la bioéthique : Dignité humaine et droits de l’homme / effets bénéfiques et effets nocifs / autonomie et responsabilité individuelle / consentement / …
- Venant de l’éthique environnementale : Création par les acteurs de risques pour autrui / Vulnérabilité
Rapport entre l’éthique et l’identité
- Quand on parle d’éthique de la société de l’information, on parle plus de l’usage et donc de l’utilisateur que du citoyen (Soenke Zehle, DE)
- Il faut protéger à la fois l’identité qui rassemble (idem) et celle qui différentie (ipse) (Paul de Hert, NL)
On peut aussi distinguer dans la construction de la différentiation (identité ipse) :
- La vie privée : possibilité de se construire en dehors du regard d’autrui puis ENSUITE d’apporter contribution différentiée à la société. (Yves Poullet, BE)
- L’identité sociale dépend de la visibilité. Il faut donc
- Mieux évaluer la crédibilité et la fiabilité des informations transmises par une personne, un élément de la construction de l’identité ipse (Serge Proulx, CA)
- Se poser la question de la médiation (y compris collective) (F. Massit Folléa, FR)